S'épanouir dans les jeux vidéo collectifs et compétitifs (1/5)

Cet article est le premier d'une série écrite par PoneySGuito autour de l'état d'esprit à adopter (ou pas) par les joueurs de jeux vidéo collectifs et compétitifs : Dota bien sûr, mais pas que. 

Sujet passionnant, qui fait parfois l'objet de débats ou au moins de discussions animées, traité ici par Poney en profondeur : 5 parties remplies d'informations, de réflexions et de références. 

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Sommaire 

En voici l'introduction, bonne lecture !

Temps de lecture approximatif : 3 minutes.


Introduction

Une différence majeure entre sports et jeux vidéo compétitifs concerne le taux d'encadrement des pratiquants. Une étude menée en 2002 montre que 36% des pratiquants des sports dits semi-professionnels et professionnels, comme le football ou le basketball, étaient alors licenciés [02Bel]. En faisant l'approximation grossière que les joueurs licenciés sont ceux qui évoluent dans la structure d'un club, environ un sportif sur trois se retrouve ainsi encadré. On peut affirmer sans prendre de risque que ce taux tend vers zéro dans le domaine des jeux vidéo compétitifs. Or, l'encadrant assure deux rôles cruciaux pour la progression du pratiquant, soit celui du coach, et celui de l'entraineur. Le premier concerne l'accompagnement mental et les stratégies d'apprentissage, et le second se positionne sur les plans technique et stratégique. Ainsi, en l'absence de structure, le joueur de jeux vidéo qui souhaite progresser n'a donc d'autre choix que de se prendre en main et d’assurer ces deux rôles par lui-même. Ce constat est partagé par Heen, coach professionnel à DotA. En effet, le vainqueur de The International 2017 affirme qu'avant de rejoindre une équipe professionnelle, les joueurs de DotA doivent atteindre le niveau requis par leurs propres moyens [18Hee].


S'épanouir dans les jeux vidéos compétitifs - Introduction - Credits to UW MiracleCredits to UW Miracle

Cet article vise à donner des éléments de réflexion aux joueurs souhaitant prendre pleinement en main leur développement personnel et s'épanouir. Il porte sur la question essentielle de la mentalité à adopter afin de pouvoir devenir son propre coach. Les stratégies et méthodologies d'apprentissage pour avancer de manière autonome sur les plans technique et stratégique ne seront pas directement traitées ici et pourront faire l'objet de futurs articles. Bien que le contexte de cet article soir orienté vers le jeu vidéo DotA 2, les notions qui y seront traitées sont très clairement transposables à d'autres disciplines compétitives, et même au milieu professionnel.

Faisons l'hypothèse suivante : pour la majorité des joueurs, le facteur limitant le niveau n'est pas leur potentiel, mais leur mentalité impropre à le réaliser pleinement. C'est du moins ce qu'affirme Heen, qui considère que les vrais problèmes que rencontrent les joueurs de DotA souhaitant progresser sont de l’ordre de la mentalité et l'attitude [18Hee]. En outre, cette hypothèse explique de manière satisfaisante comment des joueurs de haut niveau semblent arriver si facilement à se reconvertir. C'est le cas par exemple du hollandais Grubby, passé des sommets de Warcraft III à Starcraft II, puis à Heroes of the Storm. Ainsi, quiconque souhaite s'accomplir dans une discipline compétitive devrait assurément commencer par travailler au développement d'une mentalité adéquate.

Nous voici maintenant convaincus que pour progresser, il est essentiel pour le joueur qu'il adopte une mentalité adaptée et devienne son propre coach. Afin d'y parvenir, il sera dans un premier temps clarifié ce qu'implique la notion de self-coaching. Ensuite, la lumière sera mise sur trois attitudes dangereuses, qui charment bien trop de joueurs et les détournent du cap qu'ils s'étaient fixé. Enfin, le joueur averti sera invité à bien réfléchir à ce qu'il souhaite vraiment, afin qu'il puisse avancer en toute sérénité vers une voie qui lui correspond.


Avant de clore cette introduction, il est important pour que le lecteur puisse tirer le plus de bénéfice possible de cet article de garder deux considérations en tête. Tout d'abord, cette lecture est bien dédiée aux joueurs de tous niveaux et de toutes ambitions, et n'est en aucun cas réduite à l'attention de ceux qui aspirent à jouer au plus haut niveau. En effet, une part conséquente des joueurs semble faire preuve d'un décalage plus ou moins aigu entre leurs prétentions, leurs envies, et leur mentalité. Or, ce décalage peut être la source de beaucoup de frustrations qui ne disparaissent que lorsque l'on arrive à mettre le doigt dessus. Ainsi, un des objectifs de cet article est de donner des pistes de réflexion aux joueurs pour qu'ils puissent y parvenir. Ensuite, il est souligné ici qu'améliorer son niveau de jeu ne devrait en aucun cas être un objectif universel à DotA. Il est intéressant de constater que l'aspect compétitif des jeux vidéo est souvent exacerbé, peut-être à cause du complexe d'infériorité du domaine par rapport aux sports, ou encore de la désinhibition de la communication sur Internet. Or, comme ce sera développé au fil de cet article, s'améliorer peut demander un état d'esprit qui ne nous correspond simplement pas, ou bien des efforts que nous ne sommes pas prêts à fournir.


Lire la suite : Part 2 - Le Self-Coaching

1 commentaire

  • Félicitation pour l’article, bien écrit, clair et sourcé.
    Clairement une lecture pour tout joueur de jeu en équipe en ligne, quelle que soit la licence.

    Personne

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